Sixun, ce n’est ni un dieu aztèque,
une nouvelle discipline olympique, un jeu du PMU ni une marque de Formule
1.
Sixun, c’est Sixun. Le nom de guerre,
bien sonore et bien swing, du groupe phare du jazz fusion « made
in France » qui a commencé par hasard et nécessité
en 1984 par une jam au Caf’ Conc’, un club du quartier du
Châtelet à Paris.
Sixun, c’est le triomphe d’une
musique épicée, métissée, multicolore à
base de mélodies chantantes sur fond d’allégresse
polyrythmique et d’énergie binaire toujours recommencée.
Sixun, c’est 20 ans d’aventures,
de succès et de tournées, avec des pauses et des éclipses
plus ou moins longues pour permettre à chaque membre de la tribu
de respirer, se ressourcer et de s’enrichir de nouvelles expériences
Sixun, c’est aujourd’hui huit
albums au compteur. À savoir : Nuit blanche (85) avec une pochette
désormais célèbre, signée Daniel Jan (la
photo de deux bébés, un noir et un blanc pour affirmer
d’emblée l’image métisse du groupe). Ce premier
opus de Sixun sera suivi de Pygmées (86), Explore (88), Live
(89), L’eau de là (90), Nomads’ Land (93), Lunatic
Taxi (95) et Nouvelle Vague (98).
Sixun, c’est la réunion de
six musiciens soudés qui n’en font qu’un, bien que
tous venus d’horizons géographiques très différents.
Derrière ses tambours, il y a d’abord Paco Sery, l’Ivoirien
magnifique, découvert par Eddy Louiss, proclamé «
meilleur batteur du monde » par Wayne Shorter et Joe Zawinul qui
ont tâté de son génie rythmique. À la basse,
Michel Alibo, le Martiniquais éclectique qui a accompagné
aussi bien Andy Narell, qu’Angélique Kidjo, Karim Ziad
que Mario Canonge. Aux saxophones, Alain Debiossat, le Charentais qui
aime aussi aller s’encanailler dans l’Orchestre National
de Barbès. À la guitare, Louis Winsberg, le Marseillais
qui au travers de son projet « Jaleo » (deux CD) célébre
les noces méditerranéennes du jazz et du flamenco. Enfin,
aux claviers, Jean-Pierre Como, le « Parigot-rital » qui
n’oublie pas de faire chanter ses origines latines dans deux beaux
albums, « Scénario » et « Storia… »
Il reste, bien sûr, le sixième
musicien de Sixun : le percussionniste. C’est le seul poste du
groupe qui ait beaucoup bougé. Cela a commencé par Abdou
M’Boup, Idrissa Diop, Bobby Thomas Jr, Jaco Largent, Arnaud Frank,
Manolo Bradena…. Aujourd'hui, c'est le Tamoul Stéphane
Edouard qui officie et assure la tournée du 20e anniversaire.
Après quelques années de
mise en sommeil nécessaire, la saga Sixun recommence de plus
belle aujourd’hui. Concert anniversaire à la Cigale en
septembre 2005 et tournée à suivre. L'évènement
est enregistré et donne lieu à la sortie en mars 2006
d’un DVD et d'un double CD live. Fin 2006 et début 2007,
la tournée continue, avec un passage obligé aux Antilles
en janvier