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En cette année 2003 où l'on célèbre le 50ème anniversaire de la disparition de Django Reinhardt, le Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre accueille le 05 décembre prochain le guitariste Bireli Lagrene et son Gypsy Project. Il sera accompagné pour l'occasion de Florin Niculescu (violon), Paul "Hono" Winterstein (guitare), Jean-Yves Dubanton (guitare) et Diego Imbert (contrebasse). Voici la biographie que lui consacre Max Robin sur le site de Christian Pégand Productions (http://www.christianpegand.com), ainsi qu'un extrait de sa discographie. Les détails du concert sont donnés en bas de page.


Compte rendu du concert et interview : c'est là !

Biréli Lagrène est un "phénomène de la guitare" (dixit John Mc Laughlin). Révélé au début des années 80, l'enfant prodige a su passer avec brio le cap de la maturité, s'affirmant de jour en jour comme un musicien de plus en plus incontournable dans le monde de la guitare et dans celui du jazz, où il fait désormais figure de référence.

L'histoire commence en Alsace, au sein de la communauté manouche, où Biréli naît en 1966, d'une famille de musiciens. Initié très tôt par son père, puis par son frère, le tout jeune Biréli surprend par sa précocité. Plus d'un, et non des moindres, se retrouveront sous le charme. Ainsi de Matelot Ferré, compagnon de Django Reinhardt, que l'interprétation du jeune prodige impressionnera. Django, c'est, durant ces années-là, "la grande affaire" de Biréli, qui copie note à note les chorus du maître. "Tout gamin… je remettais les disques sans cesse, jusqu'à ce que j'arrive à le refaire. Par la suite, j'ai compris qu'il valait mieux respecter les grands guitaristes que les imiter." Chez Biréli, la virtuosité ne va en effet jamais sans la fraîcheur de l'inspiration. C'est la grande leçon qu'il retient de Django, qui éclate au long de ses premiers albums. "Routes to Django", tout d'abord, qui sort en 1980, bientôt suivi de "Biréli Swing '81", puis de "Biréli Lagrène 15", trilogie en forme de "manifeste libre", selon l'étymologie même du mot "manouche" ("homme libre"). Aussi bien le jazz, pour Biréli, se confond-il avec cette liberté primordiale, "une liberté qui n'a pas de limites…". "Django m'a aidé à aller voir ce qui se passe ailleurs", précise-t-il.

Si Biréli est d'abord un enfant de Django, si la fluidité d'un Wes Montgomery ou d'un George Benson n'ont pas manqué de le marquer, au passage, de leur empreinte indélébile, c'est à Jaco Pastorius et à Weather Report qu'il doit une grande partie de son émancipation musicale. À partir de 1986, celui qui s'est déjà frotté à des partenaires de la trempe de Stéphane Grappelli ou de Larry Coryell se lance "à corps perdu" dans l'aventure de la fusion, multipliant les expériences et les rencontres. Hésitant même un moment sur l'instrument à adopter (sous l'influence de Pastorius, Biréli est devenu un redoutable bassiste). C'est finalement la guitare qui le requiert définitivement, pour une période de recherche où il se forge un style éblouissant, tout en manifestant d'exceptionnelles facultés d'adaptation, soutenues par un talent d'improvisateur qui le place parmi les plus grands. On le retrouve donc aux côtés de John Mc Laughlin, de Paco de Lucia, d'Al Di Meola, de Jack Bruce et Ginger Baker, pour une reformation de Cream, auprès de Stanley Clarke, Miroslav Vitous, Lenny White, Mike Stern… sans compter les deux albums live qu'il enregistre avec Pastorius lui-même.

Au détour des années 90, l'album "Acoustic Moments" constitue une belle synthèse de ce parcours, et comme une pause, avant la consécration du classicisme, que Biréli obtiendra en jouant les standards, avec un "Live in Marciac" (1994) salué par la critique. Cette entrée du guitariste sur le label Dreyfus Jazz coïncide avec une reconnaissance toujours plus large sur les scènes nationales et internationales. Django d'Or en 1993, Victoires de la Musique en 2001 pour "Front Page", un "power trio" formé avec Dominique Di Piazza et Dennis Chambers qui enregistre pour Universal, Victoires de la Musiques de nouveau en 2002, couronnant le succès et la popularité du "Gipsy Project".

A 35 ans, après s'être "baladé" sur presque tous les fronts de la guitare moderne, après avoir dialogué avec quelques-uns des meilleurs jazzmen hexagonaux (Didier Lockwood, Richard Galliano, Sylvain Luc…), Biréli Lagrène, au sommet de son art, décide en effet de renouer avec la musique de ses origines. C'est dans l'audace de ce pari incroyable, entre virtuosité et profondeur, que Biréli, sauvage et subtil, vif comme l'éclair, parvient aujourd'hui à se trouver, réussissant le tour de force de rejouer la musique de Django tout en restant lui-même. Apparaissant une nouvelle fois à cet égard, dans l'esprit aussi bien que dans la lettre, comme un des plus brillants héritiers du maître. "Gipsy Project & Friends", deuxième album gravé par cette formation de choc, célèbre donc avec bonheur l'ancrage dans une tradition que Biréli possède sur le bout des doigts.


Discographie (extraits) :

 
1980
Routes to Django / Bireli Lagrene (g), Jan Jankeje (b), Gaiti Lagrene (g), Tschirglo Loeffler (g), Schmido Kling (vln), Jörg Reiter (pno), Bernd Marquart (tp)
 
1990
Acoustic Moments / Bireli Lagrene (g), Michel Camilo, Koono (p, key), Loic Pontieux (b), Simon Pomara (d)
 
1992
Standards / Bireli Lagrene (g), Niels Henning Orsted Pedersen, Dominique Di Piazza (b), Andre Ceccarelli (d)
 
1996
New-York Tango / Richard Galliano - accordéon, Bireli Lagrene - guitare, Georges Mraz - basse, Al Foster - batterie
 
1998
Blue Eyes / Bireli Lagrene - guitare, Maurice Vander - piano, Chris Minh Doky - basse, André Ceccarelli - batterie
 
1999
Tribute to Stéphane Grappelli / Didier Lockwood - violon, Bireli Lagrene - guitare, NHOP - basse
 
2000
Duet / Bireli Lagrene et Sylvain Luc (guitares)
 
2001
Gipsy Project / Richard Galliano - accordéon, Florin Niculescu - violon, Diego Imbert - basse, Holzamo Lagréne - guitar, Biréli Lagréne - guitar, Hono Winterstein - guitar
 
2002
Gipsy Project & Friends / Bireli Lagrene - guitar, Thomas Dutronc - guitar, Holzmano Lagrene - guitar, Stchelo Rosenberg - guitar, Hono Winterstein - guitar, Diego Imbert - double bass, Florin Niculescu - violin, Henri Salvador - vocals
 

Concert :

Le 05 décembre au Centre des Arts et de la Culture - à partir de 20h00 - Salle Toussaint Louverture - Entrée : 25 € (tous publics) / 21€ (CE, titulaires de la carte de fidélité du Centre des Arts) - renseignements & réservation : 0590 82 79 78 ou 0590 83 83 79

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