Monica Passos
et Emmanuel Bex
Il est ici surtout question de climat. L’orgue d’Emmanuel
Bex et la voix de Monica Passos tissent des volumes sur mesure et font
jeu égal en puissance et en harmonie. Ils sont accompagnés
d’une section rythmique de qualité – Frédéric
Monino impressionnant à la basse, et Stéphane Huchard
à la batterie, remplaçant au pied levé un François
Laizeau empêché – et de Jérôme Barde
au bardophone, guitare modifiée par ses soins. Alternance de
morceaux de bravoure et d’instants d’intimité, au
point d’arriver parfois, en plein milieu de la Place de la Victoire,
à se croire assis dans le renfoncement douillet d’un club
de jazz. Monica Passos et Emmanuel Bex ont également profité
de leur passage en Guadeloupe pour diriger des Master Class auprès
des enfants, et les enfants sont finalement invités à
partager la scène avec les artistes – émotion des
parents garantie ! – pour un moment de fraicheur.
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Rhoda Scott
Ladies 4tet
Les mauvaises langues pourraient arguer qu’il n’y a pas grand
chose de nouveau dans la musique proposée par ce Ladies Quartet
de charme. Et pourtant, aux premières notes, la puissance et le
groove de l’ensemble, Hammond en tête, surprennent toujours.
Et puis d’ailleurs, demande t-on à Rhoda Scott d’être
originale, ou bien ne vient-on pas plutôt l’écouter,
sachant ce que l’on est en droit d’en attendre, et prêts
à en prendre plein les oreilles avec gourmandise, comme des enfants
poussant la porte d’une pâtisserie pour y casser leur tirelire
? Le critère est donc plutôt l’efficacité et
dans cette optique, les filles – Sophie Alour au sax ténor,
Lisa Cat-Berro à l’alto et Julie Saury à la batterie
– ont rempli leur rôle avec un bonheur non feint, au service
du swing et du groove. Une bonne heure de bonheur (si, j’ai osé…)
simple qui prouve encore l’importance de la musique pour conserver
sa jeunesse, emmenée par une grande dame du jazz toujours allante.
Par ailleurs, si Rhoda Scott se repose sur sa jeune garde féminine
pour porter sa musique – ce qui est une marque de confiance évidente
et bien notée par les intéressées, c’est également
un beau geste de passation, pour pousser en avant et mettre en lumière
de jeunes artistes pour lesquelles le premier problème aujourd’hui
n’est pas de savoir bien jouer mais bien de le faire savoir, et
réussir ainsi à sortir du lot. |
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