Festival Jazz à Pointe-à-Pitre
Onzième édition 15-17 décembre 2006
Pour sa onzième édition, le Festival Jazz à Pointe-à-Pitre
avait choisi un thème séduisant – les femmes et
le jazz – et placé la barre haut avec des affiches de qualité
sur trois soirées. Du 15 au 17 décembre, se sont ainsi
succédé sur la grande scène de la place de la Victoire,
tout d’abord des voix guadeloupéennes emmenées par
Christian Laviso, puis Monica Passos et Emmanuel Bex, le Rhoda Scott
Ladies 4tet, Mayra Andrade et enfin Dee Dee Bridgewater. Premier motif
de satisfaction, la fréquentation en nette hausse du Festival
: le public était-là, était là tous les
soirs, et était là tous les soirs, dès le début
des concerts ! C’est une évolution de comportement notable
et appréciable, et appréciée ! Il convient également
de noter les efforts payants faits du côté de la technique
cette année, réduisant les couacs à un niveau quasiment
nul et gratifiant le public – et les artistes, c’est important
– d’un son plutôt réussi. Sur l’éclairage
également, il y a peu à redire et qui plus est, la scène
préparée pour le concert de Dee Dee, avec des volumes
et des niveaux variés, des lanternes traditionnelles sur scène
en plus des éclairages classiques, et les costumes africains
chamarrés des musiciens, dégageait une chaleur communicative.
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Christian
Laviso et les voix guadeloupéennes
Voilà déjà quasiment un an que Christian Laviso
a commencé à mettre en place son spectacle pour le Festival
de Pointe-à-Pitre. Le contrat était simple mais audacieux,
tenir la scène trois heures durant sans redites, sans lasser le
public, sans longueurs… et en mettant les voix féminines
guadeloupéennes à l’honneur. Christian s’est
d’abord constitué un groupe de solides musiciens, Luther
François, Sonny Troupé, Aldo Middleton, Raymond d’Huy…
bref, de quoi honorer comme il se doit la tradition et le jazz, tout en
tenant la distance. Et visiblement, ils se sont pris au jeu ; on a par
exemple fortement apprécié le plaisir que nous a procuré
un Raymond d’Huy en grande forme, plaisir qu’il partageait
de toute évidence avec nous sur scène. Christian Laviso
a élaboré un répertoire varié, reprenant quelques
valeurs sûres d’Horizon, de son album Chaltouné, ainsi
que des standards de jazz et de musique antillaise. Pour illustrer cette
diversité, Christian a appelé auprès de lui quatre
chanteuses que l’on n’avait jusque-là pas trop entendu
en lead, mais jouissant toutes d’une excellente réputation
de choristes auprès des plus grands (et plus grandes…) ici
: Nathalie Jeanlys, Leedyah Barlagne, Nikol Valton et Raphaëlle Conferti.
Enfin, il convient également de ne pas oublier Mario Coco, danseur
émérite et complice de Christian Laviso, qui a su encore
une fois emporter l’adhésion hautement audible du public.
Au total Christian Laviso a relevé le gant et tenu le pari en une
fresque musicale guadeloupéenne très chaleureuse.
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