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Entretien avec Richard Bona à l'occasion de son concert en Guadeloupe - 20 avril 2002 |
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Richard Bona s'est posé pendant deux jours en Guadeloupe à
l'occasion d'un concert magique à |
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Richard Bona : Tu sais, la basse, c'est l'instrument qui guide
la musique. Au Cameroun, dans les rythmes traditionnels, c'est donc un
instrument très important, qui donne le groove. C'est pour cela
qu'on apprécie les bassistes camerounais, particulièrement
dans les musiques dansantes et rythmées. En plus, on a l'exemple
de nos ainés. Il y a beaucoup de bassistes connus, au moins au
Cameroun et qui nous ont donné l'exemple. Alors aujourd'hui, c'est
comme une sorte de vague. Espérons qu'elle durera longtemps. En
Afrique, avec le climat chaud et humide qu'on a, c'est aussi très
difficile d'entretenir un instrument comme un saxophone. C'est difficile
de se procurer des anches par exemple. LBB : Toi-même, tu étais guitariste au départ. RB : Oui, quand j'étais jeune et que je jouais dans les clubs à Douala, j'étais surtout connu comme guitariste. LBB : Quels sont tes projets pour tes prochains disques. On dit que tu veux arrêter de chanter ?
LBB : Tu es resté cinq ans à Paris, mais tu as préféré partir à New-York. RB : A Paris, ce n'est pas forcément facile de s'intégrer
au niveau musical. Si tu veux faire ce dont tu as envie, tu es vite marginalisé.
Pour vivre, il fallait accepter d'accompagner des chanteurs en tournée,
enfin de faire des choses qui musicalement ne me correspondaient pas.
Je sais que beaucoup de musiciens professionnels le font, LBB : La communauté musicale africaine est importante à New-York ? RB : Non, pas très grande, encore qu'elle s'élargisse un peu actuellement. Tu sais, pour les musicains africains, l'aboutissement, c'était d'arriver à Paris. Pas ailleurs en Europe, à Paris. Après il y avait la barrière de la langue. Mais maintenant, il semble que certains viennent quand-même s'installer aux Etats-Unis. LBB : Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ? RB : D'une manière générale, j'écoute de tout. Le dernier disque que je viens d'acheter, c'est "Both sides now" de Joni Mitchell. C'est un très beau disque avec des arrangements d'orchestre et ça m'intéresse parce qu'en ce moment je prends justement des cours d'arrangement. Tu sais, je fais aussi des musiques de cartoons au Japon, pour les enfants. C'est fabuleux d'écrire pour les enfants et de voir comment leurs yeux brillent quand ça leur plaît. Ca vaut tous les publics du monde. LBB : Richard, une dernière question, qui va gagner la coupe du monde de football ? RB : (Richard se lève à moitié en roulant de grands yeux) Mais comment, tu oses me poser la question ! Ah, ah. (Grands rires et embrassades). LBB : Merci Richard. A bientôt. RB : C'est moi. Merci à vous. |
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Entretien réalisé le 21 avril 2002 Christophe Jenny & Marc Chillet |
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